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Profil de l'a réforme de l'économie rurale

Year:1988 Issue:1

Column: DOSSIER DU MOIS

Author: Li Shuzhong

Release Date:1988-01-20

Page: 26,31,32

Full Text:  

Une réforme considérable se déroule, depuis huit ans, dans les campagnes chinoises. L'Etat a accordé aux paysans la jouissance des terres, leur permettant de faire d'autres métiers s'ils le désirent. Cette nouvelle politique a suscité un raz-de-marée d'enthousiasme chez les paysans. La réforme rurale a créé de grandes richesses, et la vie paysanne s'est améliorée de façon sensible.

Pourtant, l'agriculture chinoise n'en est qu'à la première étape du socialisme, marquée surtout par les forces productives peu développées. Aussi vient-on de lancer la deuxième étape de la réforme, qui sera plus profonde et plus complexe.

Jamais auparavant, les paysans avaient obtenu autant d'avantages qu'au cours de ces huit années, et ils vivent maintenant dans la tranquillité et se complaisent dans leurs occupations.

En Chine, on est content des résultats remportés, ces huit dernières années, dans la réforme de l'économie rurale. Pour dire plus concrètement:

Avant 1978 en effet, les campagnes chinoises ont connu de grands changements, mais la situation des paysans était loin d'y être satisfaisante. Un mode de production impératif était applique dans les communes populaires. Tous les matins, avec des coups de sifflet ou de cloche, le chef de l'équipe de production conduisait les paysans dans les champs. Quelle que soit leur compétence ou la qualité de leur travail, les paysans étaient payés de la même manière. Cette façon d'agir a, de toute évidence, gravement refroidi leur ardeur à la production. Le rendement de celle-ci étant très faible, leurs revenus demeuraient dérisoires.

En 1979, à la suite de réflexions profondes, le Parti communiste et le gouvernement chinois ont avancé une nouvelle stratégie selon laquelle il fallait rendre aux paysans la liberté de là production pour que ceux-ci puissent organiser eux-mêmes leur travail, bien que les terres restent la propriété de l'Etat ou de la collectivité. Ensuite, le gouvernement a décidé de permettre aux paysans d'échanger sur le marché leurs excédents de produits. Ce retour à la liberté a suscité chez les agriculteurs un nouveau dynamisme, qui les a poussés à créer plus de richesses.

Selon le Bureau d'Etat des statistiques, la valeur globale de la production agricole a progresse, pendant ces huit années, au rythme de 6,6% par an, et celle de 1986 a été de 67,1% plus élevée que celle de 1978.

L'expansion rapide de la production agricole a amélioré les conditions de vie des paysans. Puis, l'Etat a levé sans tarder les restrictions dans les domaines du choix de métier et des déplacements. Ainsi, les paysans gagnent de plus en plus d'argent en entreprenant des transports, en faisant du commerce, en créant des industries ou en fournissant des services. Leur revenu individuel dans l'ensemble du pays a atteint en 1986 en moyenne 424 yuan, soit plus du double de ce qui était le cas en 1978. Et le montant de leurs épargnes s'est élevé en moyenne à 192 yuan par personne.

On voit plus clairement, si l'on analyse un peu la consommation des paysans, la hausse de leur niveau de vie. Rien que pendant les années 1985 et 1986, ils ont construit au total 900 millions de mètres carrés de nouvelles maisons. Chaque paysan dispose à présent en moyenne de 15,3 mètres carrés, soit le double du chiffre de 1978. En matière de nourriture, la plupart des paysans ont plus de céréales qu'ils n'en ont besoin. Font maintenant partie de la vie quotidienne non seulement la viande, les volailles, les œufs, mais aussi les produits laitiers, les conserves et les pâtisseries. En ce qui concerne les articles d'usage courant, selon une enquête de 1985, par cent foyers paysans, on comptait onze postes de télévision, 80 vélos, 43 machines à coudre et 163 montres.

Les paysans sont pratiques. Ils ont obtenu, au cours de la réforme, plus d'avantages que les ouvriers et les techniciens, ce qui a accru leur loyauté envers le gouvernement, et a jeté les bases de la stabilité sociale.

La restructuration de la production agricole a élargi la voie du développement économique. Et l'essor des entreprises rurales a permis à la fois d'absorber la main-d'œuvre excédentaire et d'accumuler les capitaux indispensables à un développement plus rapide de l'économie rurale.

Avant la réforme, on a accordé la priorité aux céréales aux dépens des autres activités. Aujourd'hui, la sylviculture, la pisciculture, l'élevage, les transports, le traitement des produits agricoles prennent leur essor. En 1986, la sylviculture, l'élevage, les occupations d'appoint et la pisciculture intervenaient pour 37,6% dans la valeur globale de la production agricole. Or, il faut souligner que c'est le succès des entreprises rurales qui a été le plus marquant. L'enthousiasme des paysans ayant été stimulé, le rendement de leur travail s'est trouvé beaucoup accru, au point que commence à apparaître une certaine main-d'œuvre excédentaire. Comment placer ces travailleurs et comment leur faire créer de la richesse en dehors des champs? La montée des entreprises rurales répond à cette question. Il y en a maintenant 15 millions dans l'ensemble du pays, dont 10% environ sont des usines à peu près normales, les autres étant des ateliers de conditions rudimentaires. Par exemple, le district de Huxian dans la province du Shaanxi compte un millier d'entreprises de ce genre qui emploient 80 000 paysans.

Actuellement, 76 millions de paysans, soit 20% de la main-d'œuvre rurale, travaillent dans ces entreprises. Si cette foule s'était ruée vers les villes, grandes ou moyennes, il est difficile d'imaginer ce qui se serait produit.

La plupart des entreprises rurales ont la capacité de fabriquer en fonction de la demande du marché. La maison de confection ouverte par dix familles paysannes du district de Mouping, dans la province du Shandong, fournit un bel exemple: leurs vêtements sont non seulement très demandés sur le marché national, mais se vendent également dans les pays d'Asie du Sud-Est. Actuellement, plus de dix mille entreprises rurales exportent leurs produits et pendant la seule année dernière, ces exportations ont rapporté 4,5 milliards de dollars américains.

Il est possible que, au fur et à mesure que se développent les entreprises rurales, la Chine se fraye une nouvelle voie vers l'industrialisation. En 1986, la valeur globale de la production de ces entreprises a atteint les 330 milliards de yuan, dépassant pour la première fois celle de la production agricole. De 1978 à 1985, l'augmentation de la valeur globale de leur production représentait le tiers de celle de la valeur globale de la production industrielle du pays. C'est ainsi que les industries rurales sont dorénavant devenues un des piliers de l'économie nationale.

Du fait que le gouvernement central a affirmé que les autorités locales doivent se procurer elles-mêmes les capitaux pour leurs travaux de construction, nombre de celles-ci ont investi dans l'agriculture la plupart des revenus tirés des impôts des entreprises rurales. En huit années, dix milliards de yuan ont été consacrés à l'achat d'engrais chimiques et de machines agricoles, à la construction de routes et à l'amendement des champs. Par ailleurs, on a dépensé plusieurs milliards de yuan pour l'amélioration des conditions de l'enseignement, la formation de paysans et le développement des oeuvres culturelles.

Selon les experts, il est fort possible que les entreprises rurales, qui sont déjà assez puissantes et qui continuent d'accumuler des fonds et des techniques, vont servir d'élément moteur à la modernisation de l'agriculture chinoise.

Sous le choc de l'économie marchande, nombre de paysans, ayant rejeté l'idéologie traditionnelle propre à la petite économie paysanne, ont déferlé sur le marché.

L'essor des entreprises rurales et l'augmentation considérable de la production agricole ont orienté l'intérêt des paysans vers la commercialisation. La loi de la valeur, les informations sur le marché, le coût de production, le profit, autant de concepts qui leur étaient jusque-là étrangers, ont frappé comme des vagues leurs vieilles idées. Les paysans chinois commencent à faire peau neuve.

Cette naissance ne se fait naturellement pas sans douleur. Un paysan du district de Chang'an, dans la province du Shaanxi, avait acheté un camion pour faire du transport. Mais à cause de la mauvaise gestion, il finit par se déclarer en faillite. Plus de dix mille agriculteurs de la région de Yan'an, toujours dans la même province, ayant entendu dire que l'élevage des lapins rapportait gros, s'y lancèrent tous. Or, au moment où les plusieurs dizaines de milliers de lapins furent prêts à vendre, le marché se trouva saturé et un bon nombre de ces gens-là furent ruinés. Pourtant, dans la plupart des cas, ce que la réforme a apporté aux campagnes, c'est la prospérité.

A Wenzhou et ses environs, une région commerciale de la province du Zhejiang, sur cinq millions de paysans, quatre millions travaillent dans des ateliers familiaux à produire des articles d'usage courant. Maintenant, cette région est devenue un centre d'exposition-vente de dix spécialités dont les boutons surtout ont une réputation brillante; leur qualité, leur prix et leur variété les rendent très compétitifs et attirent des quatre coins du pays les commis des maisons de confection.

Du point de vue national, la loi de l'économie marchande contribue à éliminer le mauvais et à garder le bon. De plus en plus de paysans s'arment d'une pensée économique. Toutefois, il est difficile de réussir avec une seule famille qui manque de fonds et de techniques. Les paysans ont donc fait preuve d'esprit de coopération. Ils ont créé, en s'unissant et en s'entraidant, une multitude de magasins et d'associations de différents métiers. Ayant rompu le joug du système de propriété, ils se sont associés à des entreprises industrielles et commerciales d'Etat, en fournissant divers services, qui comprennent les informations, le matériel, la vente, le traitement, le stockage et les transports.

Ce qui est plus remarquable, c'est la commercialisation de la main-d'œuvre. Ces dernières années, des milliers de paysans habiles de la Chine de l'Est (la région développée du pays) se sont mobilisés pour faire des affaires dans des régions de montagne ou du plateau et beaucoup de main-d'œuvre de ces contrées pauvres et reculées est partie vers les villes, pour y bâtir des immeubles ou y fournir d'autres services. La circulation et la réorganisation efficace des éléments de la production — ressources, techniques, main-d'œuvre — ont sans aucun doute dynamisé l'économie rurale.

Les sciences et les techniques — le deuxième étage de cette fusée du développement de l'économie rurale — démarrant, un grand nombre de paysans de type «culturel» sont apparus.

Le développement de l'économie rurale dépend en grande partie du niveau scientifique et technique des paysans. Le dirigeant chinois Deng Xiaoping l'a déjà expliqué il y a cinq ans, à un moment où l'on apercevait déjà cette évolution, en disant: «Le développement de l'agriculture dépend d'abord de la politique, et ensuite de la science. La politique a de l'importance pour aiguillonner l'enthousiasme des paysans. Mais cette importance est limitée. Le développement et le rôle des sciences et techniques sont sans limites.»

Si l'on considère la politique de la réforme comme le premier étage d'une fusée, la science, elle, en est le deuxième.

Maintenant, cette partie de la fusée démarre. Au cours de ces huit années, mille techniciens ont, à l'aide de la science, cultivé trois cents nouvelles espèces de plantes et d'animaux. Les superficies cultivées de nouvelles espèces de blé, de riz et de maïs se sont trouvées, ces trois dernières années, augmentées de 400 millions de mu (15 mu équivalent à un hectare), ce qui a accru la production de 10 millions de tonnes et la valeur de la production d'ensemble de 4 milliards de yuan. Comme les experts de l'Académie des sciences agronomiques de Chine l'ont analysé dans un rapport, la productivité de l'agriculture s'est énormément améliorée de 1981 à 1985 et 30% à 40% de ce résultat est dû à la science.

Afin de remettre le plus vite possible cette «clé d'or» qu'est la science aux paysans, se sont rassemblées dans tout le pays un million de personnes chargées de la diffusion de la science. Et dans sept cents districts, se sont établis des organismes s'occupant de cette diffusion.

Si «le plan Etincelle», formulé il y a deux ans, visait à équiper les entreprises rurales de techniques non de pointe mais très pratiques, «le plan Récolte» a été élaboré en 1987 dans le but de généraliser les nouvelles espèces de semences et les excellentes méthodes de culture et de protection contre les maladies des plantes et les insectes nuisibles.

De leur côté, les experts et les savants donnent eux aussi un coup de main aux paysans. Au Jiangsu, province développée de l'est de la Chine, tous les dimanches matins, des villages riches envoient à l'université des voitures pour accueillir les professeurs, qu'ils invitent à apprendre aux paysans les nouvelles techniques et à les aider à concevoir des produits nouveaux.

Les paysans, jadis surnommés «pieds crottés», manifestent aujourd'hui un grand intérêt pour la science. Autrefois, ils préféraient voir leurs enfants travailler dans les champs plutôt que de les envoyer à l'école. Aujourd'hui, eux-mêmes cherchent à s'instruire. En huit ans, 80 millions de paysans ont reçu une formation aux techniques, et ils ont maîtrisé en général une ou deux méthodes de culture.

De cette façon, les campagnes chinoises ont vu apparaître un million de familles spécialisées dans la production et la gestion des marchandises. Ces gens-là, compétents, intelligents et courageux, entreprennent la culture, l'élevage, le traitement de produits agricoles et des transports, en exploitant les ressources locales. Ainsi, ils gagnent plusieurs fois, voire des dizaines de fois, plus que les paysans ordinaires. Par exemple, Su Fanggui, un paysan du district de Wendeng dans la province du Shandong, a élevé plus de dix mille poulets de chair et des poules pondeuses. Par ailleurs, il a acheté un micro-ordinateur pour pratiquer de manière scientifique l'élevage et la gestion. Grâce à son rendement économique élevé, il est vite devenu très riche.

Ce changement est peut-être significatif de l'époque. Il révèle que les paysans chinois, qui manquaient de connaissances depuis des millénaires, ont finalement commencé à se transformer en «hommes de culture».

Une nouvelle stratégie a été mise au point pour résoudre les nouveaux problèmes.

La réforme rurale a réussi, mais il reste encore des problèmes à résoudre.

● Autrefois, c'était la collectivité qui entretenait les installations hydrauliques, aujourd'hui, personne ne s'en occupe et beaucoup d'elles sont déjà gravement endommagées.

● Des maisons et des usines ont occupé des millions d'hectares de terres cultivées, donc la superficie des champs se réduit de plus en plus.

● Les paysans manquent de matériel dont ils ont un besoin urgent: les engrais chimiques, les insecticides, le carburant, les machines... Mais l'approvisionnement est insuffisant.

● Les établissements de services sociaux qui sont nécessaires au développement de la production marchande sont en petit nombre et la qualité des services laisse à désirer. Conscients de ces problèmes, les économistes et les dirigeants chinois ont élaboré une nouvelles stratégie qui consiste principalement à:

1. Approfondir la réforme et accorder aux paysans davantage d'autonomie, ce qui permet aux paysans, entre autres, de cultiver de façon forfaitaire davantage de terres, jusqu'à des dizaines et même des centaines de mu et de s'organiser pour rivaliser avec le commerce d'Etat dans le domaine de la circulation des marchandises. Afin de pousser la réforme rurale en profondeur, la Chine a, depuis 1987, ouvert des «zones d'essai», et les essais consistent en la mise en place d'un système complet d'entreprises rurales, la réforme du système de la circulation des produits agricoles, l'établissement des centres de production de marchandises, la réforme du système financier, la gestion des terres, le perfectionnement des organisations économiques de coopération, etc. Tout cela est indispensable au progrès de l'économie rurale.

2. Accroître les apports en matériel dans la production agricole, améliorer les techniques de production, et renforcer les industries au service de l'agriculture. L'année 1987, les investissements dans l'agriculture ont augmenté de 40% par rapport à l'année précédente. Et on va continuer à développer l'industrie chimique à usages agricoles, la construction mécanique et l'électrification des campagnes, afin de préparer une base matérielle solide pour le développement continu de l'économie rurale.

3. Reconvertir 100 millions de paysans, d'ici la fin du siècle, dans les industries rurales et les secteurs des services, et amender 100 millions de mu de terres.

On est optimiste au sujet de l'avenir des campagnes. A la fin du siècle,

— La valeur de la production par paysan atteindra en moyenne les 1 800 yuan, et le revenu net moyen les 800 yuan. La consommation alimentaire et les conditions de vie connaîtront une amélioration importante et s'approcheront du niveau de vie des citadins.

— Le rendement céréalier sera de 450 à 500 millions de tonnes, soit une quantité disponible de 400 kg par habitant dans l'ensemble du pays.

— L'industrie, le commerce, les services deviendront des piliers de l'économie rurale. On instaura un nouveau système économique dans lequel l'agriculture, l'industrie, le commerce seront liés étroitement et où l'agriculture, la sylviculture, les occupations d'appoint et la pisciculture se développeront harmonieusement.

— Les ressources naturelles agricoles seront pleinement exploitées. On assurera l'équilibre entre les ressources et les besoins en eau. La pénurie d'énergie dans les campagnes prendra fin et l'environnement connaîtra une certaine amélioration.

Los banlieues de la ville de Gong/hu, dans la province du Jilin, sont devenues un grand centre de production de grains. Les paysans achètent des engrais chimiques pour assurer une excellente récolte l'année prochaine. Photo Xin Minghua

Los banlieues de la ville de Gong/hu, dans la province du Jilin, sont devenues un grand centre de production de grains. Les paysans achètent des engrais chimiques pour assurer une excellente récolte l'année prochaine. Photo Xin Minghua

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