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Deng Xiaoping: sa conception de la réforme

Year:1988 Issue:1

Column: CHINE

Author: Chi Fulin

Release Date:1988-01-20

Page: 10-12

Full Text:  

La réforme est aussi une révolution. Il faut que la Chine fasse le point, poursuive sa réforme et perfectionne le socialisme au cours de cette réforme, c'est là une des idées politiques de Deng Xiaoping.

Depuis 1979, la Chine a entrepris une vaste campagne de réforme. Débutée d'abord dans les régions rurales où habitent les 80% de la population chinoise — les paysans —, cette réforme s'est de plus en plus étendue pour pénétrer dans les villes, et a apporté des résultats tangibles. Dans cette grandiose œuvre, Deng Xiao-ping a joué un rôle extrêmement important, et il a été qualifié en Chine comme à l'étranger d'«architecte en chef» de cette réforme.

Rapports de production et forces productives

Dans les débuts du régime socialiste en Chine, Mao Zedong a souligné que la société socialiste était toujours caractérisée par les contradictions fondamentales qui opposaient les rapports de production et les forces productives, la superstructure et la base économique. Il a fait aussi remarquer que, à la différence des antagonismes de l'ancienne société, c'étaient des contradictions non antagonistes et qu'il s'agissait, dans la plupart des cas, de contradictions au sein du peuple qu'on peut résoudre par le biais du régime socialiste lui-même. C'est là une contribution considérable que Mao Zedong a apportée an socialisme scientifique.

Cependant, Mao Zedong devait aller plus tard à l'encontre de sa propre conclusion en considérant que les contradictions principales en société chinoise relevaient, en dernière analyse, de l'antagonisme et de la lutte entre le prolétariat et la bourgeoisie. Résultat: une confusion extrême en matière théorique et un désastre dans la pratique. Le point de vue erroné de Mao Zedong a été l'origine du déclenchement de la «révolution culturelle» qui a énormément nui à la cause socialiste chinoise.

Après la «révolution culturelle», Deng Xiaoping a confirmé de nouveau la thèse juste de Mao Zedong après avoir fait le bilan de l'expérience acquise au cours de l'histoire socialiste. Et d'autre part, en partant d'un esprit réaliste, il s'est efforcé de trouver les causes réelles qui entravaient le développement des forces productives en Chine, causes qui, selon lui, devaient être les manifestations concrètes des contradictions fondamentales de la société socialiste.

Deng a réussi. Il a découvert que les nombreuses lacunes des structures politiques et économiques actuelles empêchaient gravement l'expansion des forces productives, comme par exemple la confusion entre les attributions du Parti et de l'Etat, la centralisation excessive des pouvoirs, le pléthore d'effectifs administratifs et l'inamovibilité des cadres dirigeants. Lors d'une conférence de travail du Comité central du Parti communiste chinois en 1978. Deng a déclaré: «Si maintenant on tarde encore à réaliser la réforme, ce sera la fin des modernisations et du socialisme.» L'année suivante, il a exposé de manière plus précise encore: «Nous devons, en élevant de façon importante le niveau des forces productives, transformer et perfectionner les systèmes économique et politique socialistes.»

En effet, en mettant en relief les aspects inadaptés dans les systèmes politique et économique actuels avec les exigences du développement des forces productives, Deng a saisi les formes principales, dans la société socialiste, des antagonismes entre les forces productives et les rapports de production, entre la base économique et la superstructure. Et sur cette base, il a fixé comme tâche historique les réformes des systèmes économique, politique, scientifique et de l'enseignement. Selon lui, toutes ces réformes ont pour but d'adapter toutes ces structures aux exigences des modernisations socialistes, et de créer un socialisme à la chinoise au cours de la réforme. Si, autrefois, nous avons affirmé qu'en régime socialiste les antagonismes fondamentaux étaient la force motrice du développement du socialisme, nous n'avons pas pu voir, ni à plus forte raison reconnaître, cette réalité objective que les défauts des systèmes politique et économique et leur inertie sont des obstacles au développement des forces productives, ce qui a rendu impossible de trouver une voie juste pour l'évolution du socialisme. Les idées de Deng sur la réforme structurelle socialiste témoignent que comme le socialisme dans sa première étape doit se centrer sur le développement des forces productives, il est donc nécessaire de réajuster, dans les rapports de production et la superstructure socialistes, les éléments qui ne correspondent pas à ce dernier. En effet, pendant les vingt ans qui ont suivi notre instauration du socialisme, nous, avons parcouru, sous l'influence des idées «de gauche», un chemin sinueux et s'est formée une série de structures politique et économique plus adaptées aux luttes de classes qu'au progrès des forces productives. Aussi, la réforme de ces systèmes sclérosés — qui sont une entrave aux forces productives — est-elle devenue aujourd'hui une tâche des plus urgentes.

La réforme est aussi une révolution

En partant de la réalité chinoise, Deng Xiaoping a non seulement souligné la nécessité et l'urgence de la réforme, mais aussi formulé maintes fois l'idée que la réforme est aussi une révolution, et une révolution plus profonde et plus ardue. Il faut reconnaître que cette idée constitue une synthèse concise sur les forces motrices du progrès du socialisme, une explication scientifique du contenu des caractéristiques fondamentales de la révolution socialiste en temps de paix.

1. Deng a éclairé que la révolution dans le domaine des forces productives socialistes ne peut que susciter certaines transformations révolutionnaires clans des systèmes concrets socialistes, transformations qui devront influencer l'évolution du socialisme dans son ensemble. En 1980, lorsqu'il parlait de la réforme de la structure politique, Deng a indiqué: «Il existe encore dans certains systèmes du Parti et de l'Etat beaucoup de défauts qui ont empêché, voire même gravement, la mise en valeur de la supériorité du socialisme; si nous ne prenons pas la réforme au sérieux, il sera difficile pour nous de satisfaire les besions urgents qu'impose la réalisation des modernisations du pays et nous allons nous éloigner, ce qui va avoir des conséquences graves, des masses populaires.» Et cette réforme, ce n'est pas une révolution dirigée contre les gens, mais contre certains systèmes actuels irrationnels.

Auparavant, nous considérions le régime socialiste lui-même comme identique aux divers systèmes concrets mis en place, n'osant reconnaître les défauts de ceux-ci, ni à plus forte raison penser qu'on pouvait les réformer. Deng Xiaoping, en tant que matérialiste conséquent, a en le courage de révéler, avec une grande perspicacité, les défauts de ces systèmes et de considérer la réforme comme une deuxième révolution.

2. Deng, en partant du fait que la réforme des structures politique et économique touche inéluctablement les intérêts de la population, a exposé l'idée que les réajustements qui se produisent au cours de la réforme sont aussi une transformation révolutionnaire en ce qui concerne les rapports d'intérêts entre les hommes. L'antagonisme entre les exigences de la croissance des forces productives de la société chinoise et les structures politiques et économiques actuelles se présente dans les rapports entre les hommes sous forme d'antagonisme entre les intérêts concrets sur la base de l'unanimité des intérêts essentiels an sein cl u peuple. C'est précisément en cela que consiste le caractère complexe et ardu de la réforme socialiste; c'est également là les raisons réelles pour lesquelles la réforme va inévitablement susciter une transformation révolutionnaire clans les rapports d'intérêts, à un point tel que Deng a prédit que la réforme ne pourrait éviter de se heurter à des obstacles et de courir de grands dangers.

3. Deng Xiaoping, en partant d'une analyse des rapports entre les défauts de la structure politique actuelle et les influences féodales, a expliqué l'importance révolutionnaire de liquider, par la réforme des systèmes, les vestiges du féodalisme. Plus d'une fois, Deng a affirmé que certains de nos systèmes d'autrefois avaient été en effet établis sous l'influence du féodalisme; des phénomènes comme la centralisation excessive des pouvoirs, la bureaucratie, le régime patriarcal, l'inamovibilité des cadres dirigeants et toutes sortes de privilèges sont plus ou moins liés au féodalisme. L'extirpation des influences féodales à l'intérieur de la Chine socialiste constitue, disons-le, une révolution vraiment profonde. Et cette révolution, dans les conditions historiques et sociales où se trouve la Chine dans son étape primaire du socialisme, revêt une importance toute particulière.

La révolution qui se mène dans le cadre de la société socialiste est une idée toute nouvelle qui découle de la pratique socialiste. On entendait auparavant par révolution sociale le remplacement d'un régime par un autre et par révolution socialiste le remplacement du capitalisme par le socialisme. Deng Xiaoping, lui, a révélé la nécessité de faire une révolution an sein de la société socialiste, en analysant de façon concrète les antagonismes fondamentaux de celle-ci. Au fur et à mesure de l'évolution des modernisations socialistes, a-t-il fait ressortir, les systèmes politique et économique socialistes connaissent aux-mêmes un processus inévitable de transformation révolutionnaire an cours duquel ils changent, se développent et se perfectionnent. Cette sorte de révolution, capable de régler correctement les antagonismes fondamentaux du socialisme, et de réajuster les rapports d'intérêts entre les gens est donc la force motrice réelle du progrès du socialisme. C'est ce en quoi consiste la contribution de Deng.

Caractéristiques essentielles de la réforme

Ces dernières années, Deng a expliqué à plusieurs reprises que la réforme de l'économie urbaine est une réforme générale touchant non seulement à l'économie, à la culture, à la science et à l'enseignement, mais plus considérablement encore à la politique. Il a révélé par là les caractéristiques importantes de la réforme socialiste.

D'abord, l'accroissement considérable des forces productives, surtout l'expansion de l'économie marchande socialiste, touchera inévitablement à toutes les structures économiques et politiques actuelles qui correspondaient autrefois à l'économie de produits et à l'économie naturelle. Aussi, est-il nécessaire de réformer dans divers domaines ces structures.

Ensuite, les systèmes économiques étant contraints sons divers aspects par la superstructure, une réforme du système économique doit aller de pair avec celle de la structure politique.

C'est en partant de cette caractéristique essentielle qu'est l'intégralité de la réforme socialiste que Deng Xiaoping a, depuis des années, fait nombre d'exposés bien précis sur la réforme tous azimuts, surtout sur celle de la structure politique. On voit clairement par là un des aspects important des idées de Deng Xiaoping sur la réforme socialiste: le processus de la réforme intégrale est en même temps un processus de progrès harmonieux des domaines économique, politique, moral et culturel en régime socialiste. Le socialisme ne peut se développer en tout domaine qu'avec une réforme tous azimuts. Dans une allocution à la conférence nationale du PCC en 1985, Deng a développé sa conception de la réforme en disant: «La réforme a stimulé la croissance des forces productives, et entraîné une série de changements profonds dans la vie économique et sociale, les méthodes de travail et la mentalité. La réforme marque un perfectionement socialiste. Mais les transformations révolutionnaires à certain degré se produiront aussi dans une certaine sphère. C'est donc un événement d'importance, car cela montre que lions avons commencé à trouver une voie de création d'un socialisme à la chinoise.» Cette confirmation a concrètement révélé que le socialisme ne peut se développer harmonieusement qu'au cours de la réforme — c'est là une loi objective du progrès du socialisme.

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